vendredi 18 mai 2007

La défaite du PS…

Dans une période de tension au sein de la gauche démocratique française, à l’heure des bilans (3 défaites lors des trois dernières présidentielles), j’aimerai vous apporter ma petite analyse personnelle.

Tout d’abord, j’en reste persuadé, aucun homme politique, de gauche du centre ou d’ailleurs, n’aurait pu l’emporter face à Nicolas Sarkozy lors de cette année 2007. Pour beaucoup d’analyste politique, cette élection était imperdable pour la gauche, pour moi elle était imperdable pour Sarkozy.

Notamment parce qu'il (Sarkozy) est parti avec quasiment 5 années d’avance de campagne médiatique acharnée, en apparence active et efficace et en réalité démagogique.

Ensuite, et je pense que c'est un élément essentiel de la défaite de Ségolène, la stratégie de campagne de la gauche, à mon sens très maladroite, inapproprié, déplacé et incohérente a joué un rôle majeur. Je ne critiques pas ici la campagne de la candidate de la gauche démocratique (même si elle n'y est pas pour rien), mais bel et bien celle du Parti socialiste, pour cette élection présidentielle, mais aussi pour toutes les élections présidentielles depuis 1988.

Je suis toujours étonné d’entendre au sein du PS, l’analyse qui consiste à considérer chaque défaite présidentielle comme un accident de parcours. N’ont-ils pas assez de recul pour voir la réalité. Sous la 5ème république, dans ce costume si particulier créé par et pour le général De Gaulle, un seul homme de gauche est arrivé vainqueur au bout de cette échéance, un seul homme a réussi à enfiler ce costume si mal taillé pour les idées socialistes: François Mitterrand. Homme à qui les sympathisants socialistes ont suffisamment reproché d’être un homme de trop de pouvoir.

Nous ne sommes en effet pas prêt, sous cette 5ème république, au PS et à gauche, à accepter de voir nos candidats mettre tout les moyens de leurs côtés pour pouvoir accéder à la plus haute fonction de l'état. J’ai d’ailleurs moi-même milité pour que le PS défende avant tout un projet et non un homme, c’était une erreur stratégique irréparable. La 5ème république n’est pas étudiée pour faire élire un parti, des idées, un programme, mais elle pousse le peuple Français à se prononcer sur le caractère, la personnalité des différents candidats et à choisir l’Homme providentiel. Le PS a préféré faire voter son projet, et ensuite choisir l’homme ou la femme qui porterai ses idées, et cela une petite année avant les élections présidentielles, erreur irrécupérable. Comment, ce candidat pouvait-il, en un an, rattraper le déficit d’image médiatique (car c’est bien sur cela que se gagne une élection présidentielle) accumulé par rapport à "Sarkozy" et son armée de communiquant, comment notre candidat pouvait il ne pas sortir affaibli des joutes intenses et des bassesses des primaires publiques du PS.

Il est maintenant important que le PS se réveille, sorte d’une part de son idéologie dépassée, et/ou inadéquate. François Hollande, qui est un homme dont j’apprécie énormément les qualités, est cependant, un des grands artisans de la défaite de sa compagne et donc de toute la gauche. Non pas, pour leurs quelques divergences d’idées au cours de la campagne (cela a pu jouer, mais je ne pense pas que ces éléments ont eu un effet prohéminant dans la dégradation de l'image médiatique de Ségolène Royal), mais parce qu’il a rassemblé le parti quand il fallait le laisser s’affronter, peut être même s’autodétruire (après la déroute de 2002, après le NON au traîté constitutionel européen), pour ensuite le laisser se diviser, à un an de la présidentielle, en ne prenant pas ses responsabilités ou en organisant des primaires publiques, fragilisant ainsi la cohésion du parti et renforçant les guerres de clans.

Si il y a pour moi Une leçon à tirer de cette nouvelle défaite, c’est, entretuons nous maintenant, nous avons environ un an pour régler 20 ans de conflits internes, et ensuite procédons au choix ferme et définitif de notre candidat et de notre orientation politique. Nous aurons ensuite 4 années pour le mettre en avant, pour lui donner suffisamment de crédit auprès des électeurs, et pour ainsi tenter de porter les idées socialistes jusqu’au bout de l’échéance de 2012. Ne faisons pas les mêmes erreurs que l’extrême gauche et le PC, pour changer une société il faut avant tout accéder au pouvoir politique. Une fois que nous y serons, empressons nous de modifier cette 5ème république, pour enfin mettre un terme à ce travestissement.

Vive la 6ème république, et vive la France.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Mon grand,
Oui, la cinquième république est l'élection d'une personne et pas d'un programme, oui il faut abroger ces institutions antidémocratiques, bonapartistes. Mais juste un rappel, un homme a déjà parlé de cela et c'était F. Mitterrand dans son livre "le coup d'Etat permanent" (il me semble), avant de se fondre et d'accepter sans problème ces fameuses institutions. Libre à toi de penser que ces hommes ou femmes de pouvoir du parti Socialiste feront qqchose. J'en doute. Au moins on est d'accord sur le fond, vive la république parlementaire.
Un ami "gauchiste".