jeudi 7 juin 2007

Socialisme, dogme ou doctrine ...

Socialisme, dogme ou doctrine …

Je suis sorti très choqué de la dernière AG du MJS84. Non seulement, mes 29 ans révolus faisaient dorénavant de moi un « ex MJS », mais surtout et un peu comme à son habitude, le discours politique défendu au sein de cette fédération m’a semblé être en total décalage avec ma vision de la politique.

En effet, au cours de la réunion, il était expliqué aux jeunes militants que si certaines personnes ne se sentaient pas Socialistes, si leur idéologie ne collait pas avec la définition du socialisme, alors ils se devaient de quitter le PS. Donc en gros, le PS tu l’aimes (tel qu’il est aujourd’hui) ou tu le quittes…

Sur ce, un autre militant s’est levé pour aller chercher la définition du Socialisme…


Le Socialisme est donc pour certains militants un dogme, une religion. Le dogme étant un principe incontestable d’une doctrine, je me demande si dogme et démocratie sont réellement compatibles.

Je suis resté songeur et me suis dit à ce moment là que je n’avais plus rien à faire dans cette famille politique (je suis un scientifique, et jamais je n’accepterai de me plier à un quelconque dogme idéologique). Puis, j’ai commencé à lire la définition du socialisme (en fait une longue citation de Blum) qui dit : « on est socialiste à partir du moment où l’on a cessé de dire « Bah !c’est l’ordre des choses ; il en a toujours été ainsi , et nous n’y changerons rien »,à partir du moment où l’on a senti que ce soi-disant ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice , d’égalité , de solidarité qui vit en nous » Je me suis donc dit, qu’après tout, cette incompréhension venait de quelques militants incapables d’analyser cette phrase, incapables de replacer cette « doctrine » dans un contexte plus actuel et ai réaffirmé que oui, une des grandes lignes directrices de l’idéologie socialiste est que les choses ne doivent jamais rester figées, le socialisme doit être capable de se réinventer si besoin est, pour mieux servir la réforme socialiste et pour faire avancer la société.

Cependant, quelques recherches plus tard, je me suis rendu compte que Blum définissait aussi le socialisme comme une doctrine : « Le socialisme est donc une morale et presque une religion, autant qu’une doctrine » (définition du socialisme par Blum).

La question que je me pose donc aujourd’hui est la suivante: est ce que, en tant que socialiste, je dois, tout comme le fait la religion, m’appuyer sur des textes fondateurs, sur des bases idéologiques, dogmatiques, de mon courant politique, ou est ce que, par respect pour mon esprit critique, démocratique et finalement scientifique, je ne dois pas m’efforcer à sans cesse réinventer mes principes idéologiques ?

Bref en dépit des dires de certains, je resterai socialiste, mais un socialiste qui refusera toujours que l’idéologie politique soit une nouvelle arme d’endoctrinement populaire.

11 commentaires:

Anonyme a dit…

Un scientifique, s'appuit bien sur des textes pour baser et faire progresser son raisonnement. Pourquoi n'en serait il pas de même en politique ? La politique n'est avant tout qu'une construction intellectuelle, non ?

Pour la définition du socialisme je suis un peu plus d'accord avec la première citation bien qu'elle puisse, à mon sens correspondre également au MoDem ou à l'UMP.

Cyril a dit…

Je suis tout à fait d'accord, la référence aux textes fondateurs de certains courants idéologiques est essentiel à l’évolution de ceux-ci. Cependant, il ne faut jamais oublier que sciences et dogmes sont vigoureusement opposés, et c’est en cela que je m’oppose à ce que le socialisme soit un dogme. Le dogme est l'affirmation d'une vérité absolue, irrévocable et solennellement proclamé. Alors que la science n'affirme que des vérités relatives qui ne prétendent que s'approcher de la réalité. Le scientifique travaille dans le cadre de représentations théoriques que les faits peuvent faire changer. L'histoire des sciences est ponctuée de "révolutions scientifiques " qui conduisent à une meilleure appréhension de la réalité. En bref les connaissances scientifiques progressent alors que le noyau des connaissances dogmatiques est figé pour l'éternité.

Cyril

Anonyme a dit…

Bonjour Cyril,

Chaque parti politique est basé sur une idéologie bien définie, en général, au moins dans un souci de cohérence, d'efficacité et de rassemblement du plus grand nombre de militants.
Ce qui fait aujourd'hui la désunion de certains partis, c'est de fait les divergences qui s'expriment en leur sein. Je ne citerai pas l'exemple-bateau du Parti socialiste.
Lorsqu'un mouvement politique naît, c'est avec la volonté forte de changer les choses par la démocratie: le vote des citoyens.
Le problème qui se pose de nos jours, c'est la désertion des partis de gauche par les classes populaires. Pour quelle raison?
Eh bien pas parce que ces partis-là sont enfermés dans des doctrines malfaisantes, mais plutôt des valeurs qui se brouillent. Les sociaux-démocrates au Parti socialiste, qui sont les sociaux-libéraux de l'UMP tentent de casser les boussoles des électeurs.
On demande à quelqu'un d'adhérer à un parti politique, pas seulement parce que le logo de ce dernier est joli, pas seulement parce qu'on idolâtre un meneur charismatique, mais surtout et exclusivement parce que l'idéologie de cette famille qu'est le Parti socialiste véritable et authentique inspire en nous la solution la plus humaniste, égalitaire (ce n'est pas un gros-mot) et juste qui soit.

J'ajouterai que chaque mouvement ou parti politique est régi par des règles, des statuts, et qu'aujourd'hui si tu acquiers de la maturité en âge, tu te dois de quitter un mouvement dans lequel la jeunesse est prioritaire.

Amitiés socialistes,

Colin CARLUS

Cyril a dit…

Bonjour Colin
Merci d'apporter ton petit commentaire à mon Blog.
Tout d'abord, je me félicite que tu fasses parti des personnes qui réclament ma sortie du MJS. En effet, cela conforte mes positions. J'aime effectivement voir que je peux apporter une quelconque gêne dans une organisation aussi formatée, endoctrinée et aussi peu démocratique. Par ailleurs, si cela peut te rassurer, je compte effectivement ne plus me rendre dans les différentes AG du MJS (et je pense hélas que l'âge n'est pas la seule raison).
Bon trêve de BlaBla sans fond et parlons plus précisement de ton commentaire. Tu dis : « Lorsqu'un mouvement politique naît, c'est avec la volonté forte de changer les choses par la démocratie: le vote des citoyens ». Peut-on se permettre de réclamer pour la nation, pour l'état, une règle que nous ne sommes pas capables d'appliquer au sein de notre propre organisation politique. Je ne reviendrai pas ici sur les pratiques au sein du MJS, mais bel et bien sur l'antagonisme qui existe entre doctrine politique et force de changement (notamment par la démocratie). J'essayais à travers ce texte de m'interroger sur la compatibilités ou l'imcompatibilité qui peut exister entre endoctrinement politique, dogme politique et socialisme. Pour le reste de ton commentaire, effectivement, tu as raison de défendre le fait qu'il ne faut pas adhérer à un parti politique pour la beauté de son symbole, c'est même aussi vrai que de dire qu' il vaut mieux la paix que la guerre, ou que ce n'est vraiment pas bien de tuer son prochain, bref, je ne vois pas ce que tu apportes au débat en expliquant ça... et si je suis d'accord avec toi sur l'importance de l'idéologie d'un parti politique, je me questionne sur ce que c'est d'être socialiste aujourd'hui, sur ce qu'est notre idéologie, comment elle doit évoluer et comment elle peut être lisible et intelligible.
Je m'interroge aussi sur le rôle du MJS dans ce marasme politique. En tant que laboratoire d'idée (hm hm !) est ce que notre rôle n'est pas, justement, de se poser ces questions plutôt que de s'attacher à de vieilles doctrines sans accepter la remise en cause, de remuer les vieux socialistes, de refuser toute forme d'endoctrinement aveugle et aveuglant? Je me pose des questions, et surtout je ne prétends pas avoir toutes les réponses.
@+
Cyril

Benoît Curinier a dit…

Salut Cyril,

je ne pense pas qu'il y ait une volonté de te mettre dehors, simplement les statuts sont trés clair :

Article 9 L’âge d’appartenance des adhérents est de 15 à 29 ans sans dérogation ni exception.

Article 9.1 Tout adhérent atteint par la limite d’âge est réputé démissionnaire d’office le jour de son 29e anniversaire.

Je ne vois aucune volonté de t'écarter dans le fait que tu ais plus de 29 ans.

Cyril a dit…

Je respecte les statuts, mais je ne comprends pas pourquoi on se sent obligé de me le préciser. Il me semble effectivement que c'est très clair, pour moi (c'est d'ailleurs précisé au début de mon texte: "faisant de moi un ex MJS"), et pour les autres aussi (apparement ils y tiennent même sacrément). Sinon, je suis désolé d'avoir assisté à une dernière AG (alors que j'avais eu 29 ans quelques jours avant) et d'avoir, pendant cette AG, pris un peu beacoup la parole face à un membre du national.
@+

Cyril

Anonyme a dit…

Bonjour Cyril,

Je n'ai pas souhaité non plus ton départ. Je ne souhaite le départ de personne. J'intervenais de la même manière que Benoît, pas parce que j'ai hâte que tu t'en ailles du Mouvement des Jeunes Socialistes, mais pour te dire que tu n'as pas à te sentir exclu. Il est normal que l'on quitte un mouvement politique dès lors que les statuts le demandent.

Sinon à travers ta réponse j'ai été ravi que tu me dises l'inutilité de mon commentaire. Si tu veux discuter un jour de la différence économique fondamentale entre Parti socialiste et UMP, notamment les distinctions entre libéralisme Keynesien et ultra-libéralisme, on pourra en débattre, mais je pense avoir tout dit au niveau idéologique: "l'idéologie de cette famille qu'est le Parti socialiste véritable et authentique inspire en nous la solution la plus humaniste, égalitaire (ce n'est pas un gros-mot) et juste qui soit."

Je finirai en te disant qu'effectivement je suis d'accord avec toi, il faut appliquer à notre mouvement les règles que l'on propose aux autres. Il faut être unis dans le débat constant, et tenter d'être efficaces sans avoir peur d'être à gauche, de faire de la pédagogie politique avec la jeunesse d'aujourd'hui, afin qu'elle vote en conscience, avec liberté. C'est cela notre mission.

Bonne journée,

Amitiés,

Colin CARLUS

Cyril a dit…

Bon on va arrêter de discuter de mes 29 ans et de la fin de mon militantisme au sein du MJS... je crois que tout ça vient d'un malentendu puisqu'encore une fois je suis très clair dans mon texte, je suis bel et bien un exMJS.
Pour ce qui est de la suite de ton texte, je ne comprends pas vraiment ce que le libéralisme Keynesien vient faire dans le rapport entre dogme et idéologie politique, mais bon on pourra en parler si tu veux un jours.
Enfin, pour ce qui est des règles que l'on propose aux autres, ormis quelques détails sur les statuts, la règle d'or au sein d'une organisation politique est pour moi « le fonctionnement démocratique », et on en est loin.
Sinon, je suis tout à fait d'accord qu'il faut expliquez de manière claire les règles de fonctionnement du MJS à chaque nouveau militant (lesquels, les règles officiels ou officieuses, j'avais eu la chance qu'on me propose une version des règles officieuses: carte, clan, stratégie de congrès etc...).

@+
Cyril

Anonyme a dit…

Salut Cyril ! Je découvre ton blog que je ne connaissais pas ! En fait la lecture de ce post m'a fait penser à une chose, et la lecture des commentaires et de ton débat avec Colin confirme cette intuition. En fait je pense que le terme "socialisme" n'a pas toujours le même sens dans ce débat et dans les résumés que tu fais de l'AG.

Je crois que tu parles du socialisme comme un courant politique dont tu partages les principales valeurs et le "cadre" idéologique "en général" (première partie de la citation de Blum).

j'ai l'impression que sous la plume de Colin ou d'autres, le terme socialiste est employé plus dans un sens "menmbre du parti socialiste" c'est ce que reflète l'utilisation par Colin des termes "parti politique" ou parti "socialiste" à de nombreuse reprises, références fréquentes aux "statuts" aux "règles du parti", à la désunion au "seins du parti" etc ...Bref, chacun n'employe, me semble t-il, pas la même acception du terme. Personnellement, et peut être pas exactement pour les même raisons que toi, je ressents cela depuis quelques mois. Je suis socialiste, aucune envie d'aller ni au modem ni à l'UMP, mais en même temps je en me reconnais pas dans ce parti et surtout dans son fonctionnement.

Pour finir je me demande si certains ne sont pas fait pour être à l'intérieur du parti (ceux capables, et ce n'est pas une critique, d'être plus manichéen, arrivant à dépasser leurs convictions sur un thème pour le bien du parti, pour le dogme) et ceux partageant les valeurs de base, mais arrivant moins facilement à entrer dans la logique de parti et à s'y maintenir coute que coute, quitte à défendre à l'extérieur, ce que l'on a tant combattu en interne et à quoi on ne crois pas... (encore une fois, il faut bien que quelqu'un le fasse, ce n'est pas une critique, mais un constat)

Cyril a dit…

Lionel,
C’est justement ce qui me pose un problème. Tout d’abord, il me semble important, pour la capacité d’évolution d’un parti politique que chacun se pose la question des liens qui peuvent exister entre sa réflexion idéologique propre (individuelle) et la ligne directrice de son parti. Car si je crois en l’importance d’un mouvement comme le MJS, s’il participe à l’éducation idéologique, critique et politique de la population, je trouve ce type d’organisation de jeunesse dangereuse si elle sombre dans l’endoctrinement politique (distribution du quitte du bon militant). Au fond, dans un monde idéal, je serai contre tout appareil politique, tellement ceux-ci contribue à lisser les réflexions et les valeurs individuelles.
Je ne suis par contre pas tout à fait d’accord quand tu dis que certains sont faits pour être dans les partis et d’autre non. La politique est aujourd’hui (peut être hélas d’ailleurs) une histoire de parti, et il me semble essentiel que ces personnes, que tu qualifies comme n’étant pas faite pour rester dans les partis (parce que parfois trop libre idéologiquement), soient de plus en plus nombreuses à pouvoir apporter une alternative à l’endoctrinement partisan.
@+
Cyril

Anonyme a dit…

Entièrement d'accord sur la fin de ton propos ! En fait je ne voulais pas dire que ces gens là n'apportent rien aux partis bien au contraire, mais je pensais en disant cela que les partis ne font parfois pas là place qu'il faut à ces personnes là...On est vite catalogué, par exemple, comme social traitre, quand on est SD et même quand on ne l'est pas ! Et on nous invite alors tu le disais à aller voir ailleurs UMP ou Modem si cela ne nous va pas. Je ne voulais pas dire qu'il ne faut pas de militant comme ça aux partis !

Je partage avec toi, tu le sais, la conception qui devrait faire du MJS non pas "l'école du vice" mais une véritable boite à idée! Le fait qu'il n'y ait pas de véritable pouvoir à y distribuer devrait (à l'inverse du PS ou je peux comprendre que la logique de parti doivent être plus importante)permettre cela. Car un parti ou nous pensons tous la même chose est un parti qui ne pense pas !

Mais pour en revenir au début, au bout d'un moment quand on se pose la question de l'interêt de sa participation à un mouvement qui, a chaque intervenion discordante, répond : "nous sommes en année de congrès et vos propos sont politiciens", on en arrive forcément à se demander:

A quoi ça a servi ? Vu la logique qui règne ici que change le fait que je sois dedans ou dehors ?

Il est bien évident que dans un parti "idéal" tout le monde devrait être pris au sérieux et personne en devrait se prendre trop au sérieux, pour qu'enfin puisse se faire un travail sérieux, avec tous !

Je trouve dommage de devoir en arriver au point de se poser la question que je posais à la fin de mon rpécédent post...Les partis ne sont malheuresement pas en France si riche que cela en militants ! Perso, quand je suis arrivé aux première AG au MJS j'ai vraiment été frappé par le nombre très faible de personnes présentes régulièrement pour tout un département du "premier parti de jeunes"! je crois avoir compris par la suite une partie des raisons expiquant cela.